La Grande Course du Lac est désormais devenue pour moi un rendez-vous incontournable de début
d’automne, marquant ainsi la fin de la saison estivale de trails longues distances et une occasion rêvée de revoir le lac du Bourget, que j’admire beaucoup et où je me ne rends que très peu
durant le reste de l’année.
La Grande Course du Lac est typiquement une course sur route, avec néanmoins de nombreux
passages techniques et difficiles sur sentiers de montagne ; la polyvalence est donc de rigueur. D’un point de vue préparation, je ne peux pas dire que je me sente au top. En effet, j’ai couru le
trail des Aiguilles Rouges seulement trois semaines plus tôt, puis un week end très chargé avec un fort dénivelé en montagne 7 jours après (soit deux semaines avant la course), ce qui n’est pas
recommandé. Idéalement, les six semaines précédant une telle épreuve doivent être faites de repos et d’entraînements légers, et de préférence sur bitume (c’est à dire exactement ce que je n’ai
pas fait…)
Néanmoins je pars confiant car je sais que j’ai de bonnes jambes en cette mi-octobre, même si j’ai sans doute trop chargé la barque ces dernières semaines…je m’en rendrai compte surtout à la fin.
Et puis surtout, ne pas perdre de vue mon objectif majeur qui est de me faire plaisir, tout simplement, et de profiter des somptueux points de vue sur le lac du Bourget (le plus grand lac de
France).
Le départ est donné à 9h dans une ambiance glaciale, la bise s’étant de plus jointe aux quelques
350 coureurs présents sur le départ. Je me place devant et prends tout de suite un rythme très élevé (que j’estime à près de 14 km/h)…trop élevé sans doute. Très vite un groupe de 10-15
coureurs part telle une flèche ; néanmoins je reste confiant car je sais que la grande majorité d’entre eux participent à la course en relais ; ils auront terminé 15 kilomètres plus
tard, tandis qu’il m’en reste pour ma part pas moins de 55…mais à ce moment-là, il ne faut surtout pas y penser !
La première partie sur bitume, majoritairement sur piste cyclable, sera très agréable, bien que je sois parti trop
vite (mais à ce moment là je ne m’en rends pas encore bien compte) ; j’arrive alors au premier relais (vers le tiers de l'épreuve), une dame m’annonce que je suis 6ème de la
grande course, à ma grande surprise. Je pensais être beaucoup moins bien classé, je prends alors conscience que tous les fous furieux partis devant moi étaient pour la plupart des relayeurs. Bien
que confiant et presque euphorique de cette place, je me dis que maintenant il va falloir maintenir ce rythme, ce qui va se révéler par la suite très, très compliqué…néanmoins je ne lâche pas
prise et me dis que je serrerai les dents jusqu’à la fin, quitte à peut être me « faire mal » (mais sans me mettre dans le rouge) dans les derniers kilomètres s’il le faut. C'est la première
fois que je pars si vite et la perspective de rester à cette place constitue pour moi un challenge motivant.
Au 30ème kilomètre, après qu’un bon nombre de coureurs m’aient à nouveau dépassé, on m’annonce en 9ème position : là encore je suis très surpris, je me serais situé
beaucoup plus loin : une fois de plus, ce sont majoritairement des relayeurs qui m’ont dépassé.En passant devant le panneau indiquant le 40ème km, je regarde ma montre : celle-ci indique 3h. J'ai maintenant la conviction que je peux viser ce temps pour un marathon
classique ce qui me redonne confiance et motivation pour la fin de course.
Malheureusement mes cuisses commencent vraiment à être douloureuses ; je sais maintenant que je ne pourrai
plus suivre le rythme de la première partie, il s’agira désormais de terminer sans prise de risque pour ne pas me blesser et surtout me faire plaisir.
Malgré des cuisses de plus en plus dures, je prends plaisir à évoluer sur ce parcours (empruntant majoritairement le bitume). Les parties sur chemins sont très techniques, ce qui m'a valu une
petite chute dans la descente sur Conjux (bout du lac) fort heureusement sans gravité. Mentalement je n'y suis plus, je sais que mon objectif d'avant course, sans doute trop ambitieux (à savoir
une place dans les 10 premiers) sera totalement irréalisable. Sur les 15 derniers kilomètres, je subis plus qu'autre chose la course en marchant très souvent, même dans des montées peu raides. Je
me dis que j'aurais pu certainement aller bien plus vite dans un bon jour, mais le trail longue distance ne pardonne pas : l'entrainement doit être adapté à l'épreuve et il faut surtout
éviter le sur-entrainement les semaines précédentes. Cela me servira de leçon pour 2010.
La fin est quand même très appréciable ; je termine en un peu plus de 5h50, soit près d'une heure de plus que le chrono souhaité. Tant pis, je me dis que l'essentiel a été de prendre du plaisir,
et de ce point de vue j'ai très largement atteint mon objectif (sauf sur les 15 derniers kms!).
Mon cher lac du Bourget, je te dis à l'année prochaine!...
Bilan : ce jour-là j'aurais très certainement du faire un marathon, et qui plus est sur du plat car musculairement j'avais les jambes pour tenir une quarantaine de kilomètres à un rythme
soutenu et ainsi faire peut être moins de 3 heures. Cependant cette journée fut très agréable et je ne regrette pas les risques que j'ai pris en début de course ; ça fera une expérience
enrichissante qui me sera sans doute bénéfique pour les courses futures.