Samedi 17 octobre 2009
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Samedi 11 juillet 2009
Magik Annécime!
Treize jours seulement après le marathon du Mont Blanc où je
me suis beaucoup donné, je m’attaque aujourd’hui à un gros et beau morceau : l’Annécime, à Annecy (Haute Savoie). Le principe est simple, il s’agit faire le tour du lac d’Annecy en passant
par les cimes qui l’entourent (d’où son nom) pour un périple de 80 km et pas moins de 5000m de dénivelés positifs, le tout en une seule journée.
Profil de la course :
En ce samedi 11 juillet, le temps est annoncé très beau et chaud. Le départ est donné à 3h30 du matin ( !) au Paquier, au bord du lac d’Annecy. Les quelques 600 coureurs s’élancent donc dans la
nuit, à la lueur des frontales (à cette période de l’année, le soleil se lève vers 6 heures du matin ; la montée au Semnoz se fera donc de nuit).
Dès le départ un groupe d’une vingtaine de coureurs emmenés par Pascal Giguet prend les devants ; je les suis à distance raisonnable durant une petite demi-heure jusqu’au début du Semnoz. Je ne veux pas partir trop vite mais tiens
tout de même à rester à bonne distance. Une heure après, je me retrouve presque perdu dans ce massif boisé et sombre qu’est le Semnoz. Je suis parti en tenue légère et commence à le
regretter : je commence à avoir froid et surtout très sommeil (je sors d’une nuit blanche car j’ai travaillé la veille) : là je suis mal barré, la course vient à peine de commencer et
j’ai déjà envie de dormir. Le froid n’arrangeant rien, je me sens mal et je songe presque à abandonner. De nombreux coureurs m’ont dépassé et mon moral est loin d’être au beau fixe. Pas grave,
l’objectif est maintenant de finir, peut importe la place. A condition bien sûr que ce gros coup de mou passe (dommage après un bon début). La journée s’annonce belle et ensoleillée, la forme va
certainement revenir.
Et elle reviendra. Arrivé au sommet du Semnoz, les lueurs du jour commencent à percer ; on assiste alors à un magnifique
lever de soleil avec une vue à 360 degrés sur le massif du Mont Blanc, la Tournette et même le lac du Bourget au loin. L’instant est à part et le ravitaillement au sommet a le mérite de me
redonner une bonne pêche. Bonne nouvelle, je n’ai plus sommeil et les jambes ne demandent qu’à donner le tour.
La descente jusqu’au col de Leschaux passera très bien ; je pointe alors en 109eme position. La course est encore longue, j’aurai tout le temps de rattraper le retard accumulé et la
confiance revient petit à petit. La partie jusqu’à Doussard se fera sans trop de problème ; il y a de nombreuses montées et descentes, tandis qu’il commence à faire de plus en plus
chaud.
Je relance très souvent et cours la plupart du temps, même dans les
montées un peu raides. Je craignais que le marathon du Mont Blanc effectué moins de 2 semaines plus tôt m’ait laissé des jambes lourdes mais il n’en est rien (du moins pour
l'instant).
A mi parcours (Doussard, 40ème kilomètre) j’ai déjà rattrapé une quarantaine de places et pointe désormais en 70ème position. A cet instant, je sais déjà que je vais faire une
très bonne deuxième partie de course car je sens tous les voyants au vert. La première remontée au col de la Forclaz sera le symbole et cette forme retrouvée ; je grimpe à une bonne
allure en relançant régulièrement, et ce jusqu’aux chalets de l’Aulp que j'atteinds en courant. L’endroit est magique et le temps exceptionnel, ce qui annonce une fin de course vraiment
sympa avec surtout de magnifiques panoramas sur le lac d'Annecy et le massif de la Tournette.
La plus belle vue restera celle depuis les dents de Lanfon, que j'atteinds sans trop de difficultés en compagnie
d'un relayeur qui effectue la partie Doussard-Bluffy. Je suis content de pouvoir le suivre ; il n'effectue qu'un quart de la course (il participe au relai à 4 et n'a ainsi que 20 km à
parcourir) donc il va très vite et me sert en quelques sortes de lièvre (merci à lui). Vient ensuite la longue (et surtout très raide) descente jusqu'à Bluffy, très dangereuse en
tout début ce qui me vaut 2 ou 3 "dérapages contrôlés" mais je l'effectue sur un rythme plutôt élevé (trop peut être?...à ce moment je me pose la question), surpris que mes jambes
soient encore si bonnes malgré près de 60km parcourus et le dénivelé qui va avec.
Arrivé à Bluffy plus vite que prévu (36ème position) je ne fais qu'une petite halte au ravitaillement ; je veux donner le maximum dans les 20 derniers kilomètres et surtout je suis impatient
de rejoindre le Paquier et profiter ainsi du bord du lac (et surtout des massages!) aux plus belles heures de la journée. Mais avant il faudra venir à bout de la dernière montée (assez raide
d'après mes souvenirs) qui mène au Mont Veyrier.
J'atteinds le sommet sous un soleil de plomb ; heureusement que cette portion est partiellement ombragée ce qui fait
que je n'epprouve pas de difficulté particulière, mes jambes répondent encore plus que bien (je n'ai décidément pas l'impression d'avoir fait le marathon du Mont Blanc!) et la motivation est
toujours là.
La vue sur le lac est imprenable ; je me dis qu'il est presque dommage de
parcourir la crête du Mont Veyrier en courant..tant pis, je profiterai plus à l'arrivée. La montagne vue d'en bas est parfois aussi jolie que vue d'en haut..seul bémol, je me trompe deux fois de
chemin au sommet à cause d'un balisage insuffisant (ce qui me fera perdre encore un bon quart d'heure) mais qu'importe, c'est presque fini et je ne suis pas à 10 minutes près. La dernière descente
passera comme une lettre à la Poste ; même à l'entrainement (à l'époque où j'habitais Annecy et fréquentais régulièrement le mont Veyrier) je ne suis jamais allé aussi vite!..je me calme, il serait
trop bête de me faire une cheville si près de l'arrivée. Je double dans ma lancée beaucoup de coureurs ; pour la plupart des relayeurs (qui effectuent la dernière partie
Bluffy-Annecy).
La fin au bord du lac le long de la plage d'Albigny puis de l'Impérial palace est apprèciable, malgré le monde sur
la piste cyclable qui ne se rend apparemment pas compte que certains viennent de faire le tour du lac d'Annecy en courant..ils ne gâcheront pas cependant mon arrivée au Paquier dans une superbe
ambiance. L'arrivée franchie après 12h48 de bonheur et de super sensations, on m'annonce 29ème..pas mal mais surtout inespéré après un premier quart de course nocturne complètement
raté et pour le moins calamiteux!
Mon très bon état de forme général (par chance je ne me suis pas blessé et ai mal nulle part) à l'arrivée me laisse penser que j'aurais pu vraiment faire quelque chose de bien mieux et me
donne une petite idée du temps que je pourrais faire l'année prochaine...si je m'y représente (et si je suis en forme)! Mais d'ici là, le chemin est encore bien long. Place maintenant à la récup
avant d'aborder la dernière quinzaine de juillet que j'ai prévue très chargée en vue de la prépa UTMB de fin août. Vincent et Fabrice franchiront également la ligne dans l'après midi, la course
s'est donc bien passée pour notre "team"!
L'Annécime 2009, un souvenir vraiment exceptionnel. J'y reviendrai, c'est quasiment sûr. Et cette fois je dormirai la veille...
La Tournette vue depuis le Paquier